Après un premier stage consacré à la peinture en général, Claudine Paccaud est revenue à Saint-Romans animer un nouveau stage consacré au portrait. Une journée très appréciée.
« Pour dessiner juste, détachez vous de vos images mentales. »
Ce deuxième stage portrait animé par Claudine Paccaud se situe après un premier qui s'était déroulé dans un esprit relativement classique et académique puisque consacré à une démarche de dessin et notamment au respect des proportions - positionnement des yeux par rapport à l'ovale de la tête entre autre.
L'approche très différente proposée par Claudine Paccaud, plus abstraite, déboucha sur un travail fort car allant vers l'essentiel.
Le matin les stagiaires ont dans un premier temps préparé des fonds, chacun selon sa propre sensibilité, au brou de noix, avec du papier de soie collé sur isorel, des fonds sur toile avec des encres, recouvertes avant séchage d'un plastique abondamment mouillé, etc. etc.
Une fois ce matériel prêt, les participants ont été invités à reproduire un portrait projeté... à l'envers ! Cette démarche permet de se détacher du sens (voir expo Baselitz) , en reproduisant des formes, blanches, des formes sombres, des surfaces comme dans un puzzle.
Dans un second temps, les stagiaires on été invités à « entrer » à l'intérieur de chacune des formes pour y travailler les détails, pour y mettre des « anecdotes » des petits traits, des « calligraphies. »
Alors seulement ils purent retourner leurs dessins pour voir s'il fallait y apporter des corrections.
Ce ne fut pas nécessaire : les résultats étaient bons, très bons même, pour le plus grand bonheur des stagiaires, mais aussi de leur professeur.
Après le repas pris en commun dans l'ambiance traditionnelle d'amitié qui fait le charme de l'Atelier, le début de l'après midi fut consacré à des portraits d'après 2 "modèles vivants", l'une très jeune, l'autre sensiblement moins. A chaque fois, un fort éclairage sur le visage permettait de retrouver le travail du matin sur les grandes masses d'ombre et de lumière.
Les dessins achevés, l'ultime étape du travail fut de les reproduire sur les fonds préparés le matin, en veillant à conserver le fond, sans l'obturer.
Si le maître fut conquis par la qualité du travail réalisé par ses élèves (il connaissait parfaitement toute la difficulté de ce qu'il leur demandait !), chaque stagiaire fut enchanté de la façon dont la journée s'était déroulée, c'est-à-dire sans voir passer le temps et en se retrouvant à la fin avec un travail digne d'être présenté à la prochaine exposition.
Atelier des Arts de St Romans
Maison des associations
le Moleron
38160 Saint Romans
04.76.40.40.19
« Mettre à l'envers permet d'avoir du recul, de ne gérer que des formes géométriques, et de ne plus associer des noms à des images : œil, bouche etc. mais de voir « petit triangle clair sur fond sombre », « petit croissant », « ombre », c'est-à-dire un ensemble de formes abstraites, faciles à reproduire car n'engendrant pas de vécu.
Fréquemment, quand on veut dessiner un œil, on le dessine un peu « comme on a l'habitude de le voir ». On est influencé par le vocabulaire, par les images que l'on a en nous et qui amènent à « faire faux. »
Claudine Paccaud

