
Les tableaux Russes de Baselitz à Saint-Etienne.
Une représentation du monde tel qu'il est : à l'envers !
Depuis les années 70, le peintre allemand Georg Baselitz apparaît sur la scène internationale de l'art contemporain comme une figure majeure. C'est donc tout naturellement que l'Atelier des Arts de Saint-Romans qui propose à ses adhérents des conférences Histoire de l'art pour mieux appréhender les différentes formes d'expressions artistiques, a saisi l'opportunité d'une exceptionnelle exposition de ce peintre au Musée d'Art Contemporain de Saint Etienne pour le faire découvrir à ses adhérents.
Une cinquantaine d'entre eux ont dernièrement passé une après midi dans ce haut lieu de l'Art Contemporain.
Baselitz est né en Saxe en 1938. A sept ans, en 1945, il voit son pays basculer dans le bloc de l'Est. Son éducation se fait donc dans ce contexte historique particulier. Son esprit s'imprègne des scènes de la vie de Lénine, d'images soviétiques de la seconde guerre mondiale, de figures kolkhoziennes : le réalisme socialiste est alors à son apogée. Refusé par l'Ecole des beaux-arts de Dresde, Baselitz passe à l'ouest en 1958. Mais il est profondément marqué par cette décennie passée de l'autre côté du mur.
A Berlin, avec la génération de peintres allemands qui s'est appropriée un héritage meurtri par le nazisme, il crée un nouveau langage pictural : le néo-expressionnisme.
En 1969 il décide de retourner ses tableaux tête en bas. « C'est le meilleur moyen de vider ce qu'on peint de son contenu » et de représenter le monde : « à l'envers, tel qu'il est ». Ses tableaux ne sont pas renversés après leur exécution, mais peints tête en bas. « Je peux ainsi me concentrer sur les questions d'organisation plastique, sur la peinture en tant que telle. » Chez Baselitz, le traitement pictural prime sur le contenu, par ailleurs figuré très classiquement.
Entre 1998 et 2001, Georg Baselitz peint une cinquantaine de reprises et variations autour de toiles soviétiques qu'il a vues étant jeune en RDA. Une grande partie de l'ensemble de ces "tableaux russes" est présentée à Saint-Etienne. Ces tableaux sont ceux qu'enfant il a vus, ceux qui se sont inscrits dans sa mémoire et dont il veut se libérer. Pour y parvenir, une solution ; les coucher sur toile, la tête en bas. C'est aussi une façon d'interpeller les spectateurs sur certaines absurdités, de la guerre notamment.

Atelier des Arts de St Romans
Maison des associations
le Moleron
38160 Saint Romans
04.76.64.09.85





